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| On peut difficilement faire plus premier degré. |
Que l'on me pardonne d'avance cette
atroce infamie,
De ce film tant personnel que du pain
de mie,
Philippe Le Guay m'astreint à
d'ineptes poétismes,
Pour détourner vos yeux, un temps, du
cataclysme.
Pendant filmique du polystyrène
expansé,
Ce fabliau sur un morne duel
d'égotistes
Semblait pourtant plaisant sur papier,
en pensée
Et pouvait se targuer d'une belle paire
d'artistes.
Le poussif et convenu ballet qui
toutefois
Utilisant sciemment Molière comme
béquille
Se déroule si âprement devant nos
pupilles
A hélas bel et bien de quoi laisser
pantois.
Tel l'artichaut cependant tout n'est
pas à jeter
Et voir deux vieux lions de la scène
se toiser
Provoque toujours cet intense, lombaire
frisson ;
Et le texte du Misanthrope
dit à l'unisson
A le potentiel, tel
le perfide Népenthès
De nous plonger
dans un état d'oublieuse liesse
A l'égard du
reste, qui ne vaut pas un radis.
De la sincérité
ne fait pas une maladie
Le récit-glaçage
dont l'évident parallèle
Avec la pièce
sus-citée n'est que formel.
Le Guay, scénariste
malmené par Melpomène
S'en va errer sur
les molles et piètres plate-bandes
d'une tragi-comédie
française mise à l'amende
[créative par des
producteurs fort peu amènes.
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| Ah? Il y avait aussi un triangle amoureux, apparemment. |
Nous restent donc
Luchini et Wilson, si seuls,
Mais qui tel un
Atlas bicéphale supportent le poids
De cet objet sous
perfusion, malingre et veule
Et offrent en sus
des performances de premier choix.
Je conclurai par un
aveu peu surprenant :
L'alexandrin reste
pour moi un abscons mystère
Excusez-donc cet
essai loin du ragoûtant.
Bonsoir.
Rick Randall
VERDICT: A voir tout de même pour de beaux morceaux de théâtre de la part de nos deux monstres sacrés, ou si vous avez besoin d'un fix de Luchini. Vous êtes humains, après tout.





