Retour discret de l'Eastwood
poids-plume au fourneau après le très remarqué western au brou de
noix There Will Be Blood, The
Master du plasticien de l'image
P.T. Anderson respire en effet ce certain classicisme grandiose des
dialogues et des cadrages qui ont fait la renommée de son modèle.
Biopic
déguisé du fondateur de la scientologie L.Ron Hubbard, le film
surprend en effet par sa linéarité et sa retenue : on ose peu,
et on dénonce à demi-mot les abus de ce qu'il faut bien appeler une
secte ; preuve s'il en est des ramifications de l' « Eglise »
(ici renommée « la Cause ») au sein du star
system, ou plus simplement
reflet de la mollesse du réalisateur et scénariste qui exsudait
déjà de son dernier opus, pourtant plus sanguin et cru.
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| Croyez-le ou non, ce type est le héros. |
Cependant
l'expérience cinématographique en elle-même n'est pas
désagréable ; hormis un scénario convenu, Anderson fait
preuve d'un grand talent quand il s'agit de mettre en lumière ses
acteurs, dirigés de main de maître. Tout y est millimétré, mais
au moins tout y est beau et fait pour mettre en valeur ce qui
constitue le véritable noyau (et probablement la raison d'être) du
film : la relation entre Freddie Quell, vétéran du Pacifique à
la dérive (haha) et Lancaster Dodd, à la fois en crise intérieure
et débordant de charisme.
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| Le "où est Charlie" version Hoffmann s'avère décevant. |
Joaquin
Phoenix et Philip Seymour Hoffmann sont déjà pris à part des
cabotins de génie, mais la réaction chimique qui se forme à
l'écran entre les deux atteint un état de grâce à la fois
réjouissant et salvateur, puisque le reste du film, travers inhérent
à la démarche d' « auteur » aux Etats-Unis s'il en
est, plonge souvent le spectateur dans des abîmes d'ennui ripoliné
à base de plans fixes interminables et de silences soi-disant
évocateurs.
On
sort donc de The Master
partagé : sorte de circuit de montagnes russes ripoliné à
l'extrême et tirant un peu en longueur, on a atteint à la fois des
hauts très hauts et le fond d'une démarche artistique soporifique.
A ne pas mettre entre toutes les mains, mais à voir quand même pour
le duo de têtes d'affiche extrêmement satisfaisant qui heureusement
se permet tout, et ça fait du bien.
Bonsoir.
Rick
Randall
VERDICT :
A
voir si l'on est en manque de l'ami Clint et que l'on cherche le
substitut le plus proche, ou si l'on veut enfin voir Joaquin Phoenix
en Capitaine Haddock dégingandé (et franchement, qui dirait non à
ça?)


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