Rick Randall et Rock Willis vous parlent culture
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02 février 2013

Ciné: Lincoln, Masturbation au microscope




            Il est parfois de simples choses qui rendent la vie merveilleuse. Voir les yeux d'éternel enfant de Steven Spielberg s'illuminer tel le sapin de Noël du Rockefeller Center quand on lui a enfin donné le feu vert pour réaliser l'un de ses rêves humides, et qu'en plus il aurait pour ça le budget d'un petit Etat d'Europe centrale fait certainement partie de ces petits miracles du quotidien dont Hollywood seul détient la clé (et probablement les droits de publication).

Des soldats tout propres et racialement équitables: on est bien chez tonton Steven.
           Admirez donc, car il est revenu parmi nous après avoir chassé une armada de vampires cet été (et alors, j'en connais qui vont camper à la Baule, chacun son truc), Lincoln dans toute sa splendeur barbue, ridée et voutée. D'accord, drôle de choix pour une hagiographie, mais Spielberg a choisi de se concentrer sur une période bien précise de l'histoire américaine, et justement celle où Lincoln avait bien besoin d'un séjour full spa et thalasso après un harassant mandat qui se résumait à : guerre civile et guerre civile. La guerre de Sécession fait donc toujours rage en ce début de 1865, et Lincoln et son Etat-Major se plaignent de leurs rhumatismes sont bien décidés à y mettre le holà. En planifiant l'une des batailles majeures et bien documentées qui ont vu la victoire de l'Union, me direz-vous ? Que nenni, messieurs, au diable tension dramatique et action prenante ! Ici nous parlons avant tout de faire passer un amendement à la Chambre des Représentants visant à émanciper dans un futur proche (mais pas tant que ça) les esclaves du Sud, force de travail et pourvoyeurs de ressources involontaires de la Confédération.

          Et c'est bien là que le bas blesse. Car si je n'ai rien contre un cours d'Histoire (notez le grand H) bien ficelé, bien joué (la majeure partie du pharaonique budget a été mangée par le casting), il faut que le metteur en scène rende la chose exaltante, ou tout du moins plus vivante qu'une visite guidée des répliques de cire desdits grands hommes de l'Histoire. Or ici à mon opinion Spielberg commet la même tragique erreur que son comparse et ami de toujours George Lucas en 1999 : tomber amoureux fou de son projet (ergo : de lui-même) et dans un souci de développement personnel apporter un soin tel aux détails que l'on en oublie le tableau général. Au même titre que La Menace Fantôme, Lincoln est donc miné par de vrais problèmes de rythme absolument handicapants, et bien que le pont de discussion central soit intéressant et important, on nous montre plus souvent un magnifique plan rapproché d'une exquise marine XIXe ou d'une horloge qui si, si, on vous l'assure, est bien la même que celle que papi Abe avait sur son bureau à la même époque.

Parfois on n'a juste pas le courage de ranger sa chambre.
          Du coup ce qui devait être un poignant discours sur les libertés individuelles et l'importance d'embrasser les pieds de cette bêcheuse de Statue de la Liberté se transforme en une insoutenable logorrhée, et malheureusement le spectateur moyen dont votre serviteur fait partie passe plus de temps à regarder sa montre (qui n'est pas d'époque victorienne à mon plus grand désarroi) où à se moquer de la mine de cocker déconfit de ce pauvre Tommy Lee Jones affublé d'un toupet probablement historiquement véridique, mais non moins ridicule au plus haut point.

          Spielberg passe donc un autre film dans sa bulle, nous laissant en-dehors, confus et désemparés devant la longueur de métrage restante, dont la grosse moitié sera à coup sûr dédiée à décrire amoureusement les feuilles d'acanthe du papier peint de l'antichambre du bureau ovale, sous nos ronflements ébahis. C'est certes beau, mais ça a le charme futile d'un fond d'écran. Si il voulait qu'on reste, il fallait tout simplement nous transmettre un peu de cette passion pour ce personnage haut en couleurs qu'était le 16e Président des Etats-Unis d'Amérique, que Spielberg possède indubitablement, et encore plus sûrement garde solidement verrouillée dans un coffre-fort loin de nos yeux.

           Retour au candélabre passé à l'or fin de la salle à manger de la Maison Blanche, donc.





Bonsoir.



                                                                  Rick Randall



             Nb : Rien à dire en revanche en ce qui concerne les acteurs, qui s'engagent dans un magnifique duel de grimaces trahissant un souci de transit intestinal, ce qui pourrait aussi s'avérer historiquement fondé.

 
En Bonus, la prochaine couv' de 30 millions d'amis. D'aaawwwww...




VERDICT: A voir en 3D pour pouvoir enfin manipuler le tisonnier style George IV de la scène 16, ou pour les nostalgiques d'"où est Charlie?" qui se régaleront à chercher la tension dramatique dans tout ce fatras.

27 octobre 2012

Ciné: Skyfall, plumage sans ramage




La saga James Bond, puisqu’il faut bien l’appeler ainsi, vit depuis maintenant 50 ans dans un monde parallèle: faits de bric et de broc, les films mettant en scène l’agent secret louvoient toujours entre bonnes et mauvaises idées. Ce qui constitue leur attrait selon moi, c’est qu’aussi datées qu’elles soient, les aventures de 007 reflètent le Zeitgeist de leur année de sortie presque à la perfection, et revoir un bond c’est comme ouvrir une page de l’Encyclopédie de la culture populaire : l’histoire est secondaire, seul le langage référentiel compte.
Sauf pour certains qui jouent le rôle de perturbateurs dans cette machine bien huilée. Dont acte pour ce Skyfall qui m’a laissé pantois. Peut-être est-ce dû à l’extrême difficulté de saisir ce qui constitue notre époque actuelle, mais le pauvre réalisateur, Sam Mendes, ne sait que faire de ses personnages et rebondissant de scène en scène finit par s’éparpiller. Oh je me garderai bien de faire un procès complètement à charge : l’aspect technique du film est impeccable et certains visuels en mettent vraiment plein la vue, au point de rester gravés dans les mémoires. Cependant le facteur d’émerveillement devant ces couleurs chatoyantes et ces contrastes au cordeau ne dure qu’un temps ; et derrière, le néant. Ou plutôt le chaos.
Cette Dragon Lady (googlez) représente les parties du film qui ne vont nulle part. Dommage.
Allons-y donc : 007 poursuit un tueur à travers plusieurs villes du globe (choisies aléatoirement), après avoir traversé une période de doute et d’alcoolisme invétéré. Mais le tueur semble lié à un complot plus important, dirigé par un ex-agent du MI6 joué par un Javier Bardem en roue libre (qui en profite pour cabotiner comme c’est pas permis ; on sent qu’il prend son pied au moins). Comme ça, de prime abord, pas de quoi fouetter une pendule. Mais c’est dans l’exécution de cette trame ultrasimple qu’à force de vouloir trop montrer, on ne sait que regarder : une palanquée de personnages secondaires vient renforcer la migraine montante, et la plupart des boulevards scénaristiques se finissent en risibles cul-de-sac accompagnés de cascades tellement grotesques qu’elles en deviennent absurdes : c’est bien simple, mis à part l’aspect visuel, on dirait du Roland Emmerich sous Tranxène.
Même 007 envisage de sauter à ce stade.
Du coup, difficile de suivre à travers nos rires étranglés un film qui manque tous ses buts narratifs, et qui donne une trop forte impression de coquille vide, d’un joli coquillage bariolé certes, mais qui sonne creux et bête.
Vous me direz : mais au début, il est stipulé que les Bond sont plus là comme capsule temporelle que pour raconter une histoire intelligente. C’est vrai, je l’ai écrit, mais quand on va au-delà de la cohérence en racontant un scénario aussi simple que celui de Skyfall, c’est que quelque part on n’est pas fait pour ça. Ca me fend un peu le cœur, car au fond j’aime voir cette franchise comme une friandise un peu simplette qu’on enfourne de temps en temps les jours de cafard ; mais si on se trompe dans les ingrédients, on se retrouve avec une morue aux fraises dans son assiette.

Dont acte.
                                                                                                                                                                                                                                                       Rick Randall
NOTE : Chouette générique, ceci dit.

VERDICT: A voir avec un vrai fan de James Bond, pour voir sa mine se décomposer, ou avec un enfant en bas âge facilement distrait par les zoulies couleeeeurs.

22 septembre 2012

FEFFS: New Kids Nitro, les barbants du Brabant



Suite d’un produit dérivé d’une série à sketches néerlandaise rachetée en 2004 par Comedy Central (rangez-moi ces aspirines, c’est parfaitement clair comme résumé), New Kids Nitro est déjà bien loin de faire rêver sur le papier. Pourtant, l’exploration des travers de la jeunesse rurale et complètement ringarde des Pays-Bas recèle un certain potentiel, qui nécessite comme tout concept comique un talent dingue et un doigté exceptionnel pour produire quelque chose d’ à la fois drôle et intemporel. Malheureusement, vous l’aurez compris, ce film ne remplit ni l’une, ni l’autre de ces catégories.
La drague à la flamande: un grand classique des winners.
Mais débarrassons-nous vite de l’ « histoire » pour que j’en arrive à ma diatribe biliaire habituelle. Après leurs déboire avec la justice, les New Kids, estampillés beauf Label Rouge, se retrouvent empêtrés dans une rivalité montante entre leur village, Maaskantje (ô comme ce nom fut crié dans la salle bondée par les fans du premier opus) et le trou à rats voisin répondant au doux nom de Schijndel (je n’essaierais pas de le prononcer si j’étais vous, seul un flamand peut le faire  sans risque d’hospitalisation). Sur ces entrefaites, une météorite se met à transformer les bouseux du coin en zombies cannibales : le gouvernement, désemparé, n’a de choix que de tirer nos compères de leurs petites rixes pour les envoyer en libérateurs surarmés de la fière Hollande.

Un des 198 group shots du film, le seul probablement significatif.
Forçant au burin un maximum de blagues à la fois puériles et de mauvais goût pour atteindre la durée famélique de 66 minutes, cette nouvelle fournée des mésaventures de cinq jeunes de la cambrousse qui entoure Eindhoven pâtit de ce que j’appellerais l’ effet soufflé. Ce que j’entends par là, c’est qu’en bande-annonce potache et parodique de deux minutes, ça passe, en sketches découpés à la télé, à la limite pourquoi pas, mais ces Kids là, contrairement à celui de Chaplin n’ont rien à faire sur grand écran. Et pour combler leur embarras d’être là, nous gratifient donc de scènes de remplissage gratuites, de cabotinage comme j’en ai rarement vu jusqu’ici (à part chez un certain… Michaël Youn) et de gags visuels cruels qui se veulent au Xème degré, mais qui manquent l’étincelle créative qui leur permettrait de fonctionner : du coup, le film se dégonfle de lui-même à vouloir trop en faire.
Ce qui compte avant tout dans une comédie, c’est la touche d’humanité ou de sincérité que l’on peut lire en creux, même dans les films aux gags les plus idiots ou lourdingues (cf. ma chronique d’Iron Sky). Être drôle, surtout au cinéma, requiert un énorme travail de réflexion en plus de l’habituelle auto-dérision : pousser le grotesque et le ridicule toujours plus loin ne fait avancer aucun schmilblick, et crie bien au contraire à la face du monde le besoin désolant d’attention de la part de gens que le cinéma n’intéresse au fond que fort peu, pourvu que l’on puisse « surfer » sur la vague ironico-internet du moment (ce que bien entendu votre serviteur se garde de faire…hem).
 En bref, c’est long pour ce que c’est, on s’ennuie souvent et le fond inexistant est on ne peu plus déprimant. Pourtant c’est extrêmement populaire, à en juger par les rires nombreux et les applaudissements nourris qu’a reçu le film lors de la séance, ce qui souligne une tendance à un humour premier degré et artificiel très inquiétante, entamée par le show Jackass ou encore la série des «(insérer un genre de film ici) Movie ». Parodie sans affection n’est que pure méchanceté.

Bonsoir.

                                                                                                       Rick Randall

Note (authentique): L'Iran a banni en 2010 sous peine de poursuites pénales, la coiffure "mullet" (nuque longue) chez les hommes comme chez les femmes. La lutte est donc en marche.

 VERDICT: A voir pour la bande-son purement 90's qui vous rappellera les soirées camping "Les Flots Bleus", sortie A15 direction Alençon, ou si vous voulez une autre version de "l'agraire et les mulettes", d'Abdellatif Kechiche.

17 septembre 2012

FEFFS: The Pact, le fantôme de l'apéro


The Pact, premier long-métrage de Nicholas McCarthy, a connu une genèse particulière. Écrit et tourné au départ sous la forme d’un court-métrage, il a connu un succès lors des festivals underground où il fut projeté. Succès qui, la promo aidant, monta à la tête d’une équipe de producteurs qui s’empressèrent de présenter un joli miroir aux alouettes au jeune réalisateur, pour mieux le jeter dans la fosse aux lions. Et voici donc notre petit prodige aux commandes express d’une version rallongée (enfin, 89 minutes, c’est pas non plus Byzance) d’un produit fini qui, d’ailleurs, fait office d’incipit au film. Oui, vous ne rêvez pas, le court qui a fait fureur est ce qui constitue littéralement les 10 premières minutes.
Mais entrons en matière.
On nous refait même le coup du spiritisme. BOUH!
Nicole, jeune mère célibataire (1), est en deuil (2). Elle vient de perdre sa mère qui, on l’apprend au fil de la conversation avec sa sœur, était une harpie sans cœur (3). Suivant donc la logique la plus totale, elle décide de passer la nuit précédant la nuit précédant l’enterrement dans la maison de son enfance (4). On bascule alors dans le modus operandi du film : un objet tombe, le protagoniste va voir, une fenêtre claque, le protagoniste va voir (5), et ainsi ad libitum. Toutefois le court, qui tourne autour du personnage de Nicole et de ressentis plus allusifs qu’exhaustifs, trouve une conclusion satisfaisante et somme toute définitive. En effet, on ne verra plus jamais ce personnage durant les 80 minutes restantes, se centrant autour de sa sœur. Ce qui fait donc le lien entre le préambule et son long addendum, c’est… une conversation téléphonique. Rien de plus. Passons les nombreuses allusions hilarantes que je pourrais faire au cinéma hong-kongais des années 80 et ses 2-en-1 miteux reliés par un fil, et suivons donc notre nouvelle godiche.
Toute allusion à Birdemic est purement fortuite et illusoire. Mais quand même, j'ai bien ri.
Annie, pauvre, jeune et rebelle (6) est donc la fameuse sœur téléphone, qui arrive à son tour à la maison de l’angoisse la veille de l’enterrement. Et ce qui suit n’est qu’un maelström confus de références et autres clichés du film de revenant, mort du flic sceptique à l’appui et disparition de blonde sans intérêt en soutien d’un rythme plus que molasse. On ne peut pas dire que ce projet que l’on aurait facilement pu déclarer mort in utero crève l’écran. Sous le vernis de médiocrité narrative, on décèle pourtant un talent, et une envie de bien faire : McCarthy photographie et monte sa bouse avec soin, et le résultat est propre, lisible et léché. Cependant le brouet référentiel est si difficile à avaler que même avec une couche de chantilly, ça passe pas.
Trop gras, ennuyeux, affublé d’un début intrigant, un milieu fatigant et une fin plus que ridicule, The Pact n’est pas que médiocre. Il gâche un certain potentiel, ce qui ne le rend que plus diffamatoire, mais en même temps pose en creux une dénonciation du money grubbing des producteurs hollywoodiens qui pensent qu’une poule aux œufs d’or s’élève en batterie.



Bonsoir.

                                                                                 
                                                                                                                              Rick Randall

PS: les nombres sont là pour marquer les verres que vous prendrez si vous jouez au jeu à boire des lieux communs du film d'horreur. Mais j'ai arrêté de compter.

 VERDICT: A voir si on est photographe compulsif (les clichés, ha, ha) et/ou si on a une passion morbide pour le dark side of the prod made in Hollywood.

26 août 2012

Ciné: A perdre la raison, du drame au bulldozer



En Belgique, quand quelqu’un affiche des symptômes avancés de névrose et/ou de dépression, l’entourage se doit de… rabaisser ladite personne au possible et de s’essuyer les parties intimes avec son estime de soi. Du moins c’est ce que Joachim Lafosse et sa bande de joyeux drilles s’évertue à nous faire comprendre, et au marteau-piqueur s’il-vous-plaît.
            Et là, je me dois de m’interrompre : pour cette première revue ciné, je me trouve en effet en délicate posture. Car qui, à par les plus fervents cinéphiles (comprenez : les gens désespérés) a seulement entendu parler de ce petit bijou de torture mentale ? La promotion fut plus que modeste pour un film qui se veut de même, mais qui a néanmoins réussi à tirer des larmes (arrachées au pied-de-biche, oui ce soir je fais dans le BTP) au jury de la sélection « un certain regard » de Cannes. Donc à priori, pas de raison de déterrer ce qui est déjà mort : la salle déserte dans laquelle je me suis trouvé en est la preuve.
Machin et Machine dans leur pose amidonnée: ils s'aiment trop grave Colgate.
Mais commençons par le commencement : Muriel/Mathilde/Machine (Émilie Dequenne) et Mounir/Mokhtar/Machin (Tahar Rahim) s’aiment. D’un amour frais comme un bouton de rose, un amour fou, un amour d’autoroute et de bagnoles de location. Ça fait rêver ? Ça ne fait que commencer. On va suivre les péripéties de notre charmant couple en carton-pâte tout au long d’une chronique (les bobos disent « tranches de vie », et en mettent parfois sur leur pain multi-céréales demi-sel bio ®) qui prend petit à petit la forme d’une descente aux enfers pour Machine, orchestrée par un diabolique docteur avec un nom bien français pour faire culpabiliser (nasillé par Niels Arestrup, à bout de souffle). En bref, Machin et sa famille mettent la pression à Machine pour qu’elle devienne une pondeuse médicamentée (toutes les familles marocaines font ça, c’est bien connu), et le docteur Méphisto (j’ai oublié son patronyme) joue le rôle d’un bigorneau fortuné finançant le marasme dément qui se déroule sous ses yeux indifférents (de bigorneau).
"Tu aimes les fruits de mer?" (sérieusement, vous le prendriez comme médecin traitant?)
Certes, j’y vais un peu fort, mais il faut que je décourage les quelques idiots qui penseront s’en tirer à bon compte avec un tire-larmes gnan-gnan et ainsi faire taire leur greluche pour une soirée. Eh bien non. NON. 

        La pauvre Machine se soumet à l’encéphalogramme plat du scénario et sombre petit à petit dans la dépression, tandis que Machin et Méphisto se vautrent lamentablement dans leurs tentatives de faire partie du genre humain. Arrive ce qui doit arriver, la conclusion forcément dramatique (puisqu’on en a eu un aperçu au début du film), noyée sous mes grincements permanents de molaires, sent le formaldéhyde à plein nez. 
 Dès les premières minutes, j'ai eu cette sensation d’inconfort grincant, vous savez, quand on assiste à un dîner après une grosse dispute et que tout le monde feint l’indifférence et se fend de commentaires anodins ? Eh bien c’est exactement ce qui m’a fait mordre le siège de devant (désespérément vide) durant les longues, looongues 111 minutes dans lesquelles la peu fortunée Emilie Dequenne surnage à grand-peine (elle a eu un prix pour ça à Cannes, parce qu’elle l’a fait sans bouée ni flotteurs).
Ah oui et sinon, côté technique, c’est correct.

Bonsoir.
                                                                                                                    
                                                                                   Rick Randall

VERDICT: A voir si vous aimez tirer sur les ambulances. Ou êtes un fétichiste des bigorneaux septuagénaires.