Rick Randall et Rock Willis vous parlent culture
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22 septembre 2012

FEFFS: New Kids Nitro, les barbants du Brabant



Suite d’un produit dérivé d’une série à sketches néerlandaise rachetée en 2004 par Comedy Central (rangez-moi ces aspirines, c’est parfaitement clair comme résumé), New Kids Nitro est déjà bien loin de faire rêver sur le papier. Pourtant, l’exploration des travers de la jeunesse rurale et complètement ringarde des Pays-Bas recèle un certain potentiel, qui nécessite comme tout concept comique un talent dingue et un doigté exceptionnel pour produire quelque chose d’ à la fois drôle et intemporel. Malheureusement, vous l’aurez compris, ce film ne remplit ni l’une, ni l’autre de ces catégories.
La drague à la flamande: un grand classique des winners.
Mais débarrassons-nous vite de l’ « histoire » pour que j’en arrive à ma diatribe biliaire habituelle. Après leurs déboire avec la justice, les New Kids, estampillés beauf Label Rouge, se retrouvent empêtrés dans une rivalité montante entre leur village, Maaskantje (ô comme ce nom fut crié dans la salle bondée par les fans du premier opus) et le trou à rats voisin répondant au doux nom de Schijndel (je n’essaierais pas de le prononcer si j’étais vous, seul un flamand peut le faire  sans risque d’hospitalisation). Sur ces entrefaites, une météorite se met à transformer les bouseux du coin en zombies cannibales : le gouvernement, désemparé, n’a de choix que de tirer nos compères de leurs petites rixes pour les envoyer en libérateurs surarmés de la fière Hollande.

Un des 198 group shots du film, le seul probablement significatif.
Forçant au burin un maximum de blagues à la fois puériles et de mauvais goût pour atteindre la durée famélique de 66 minutes, cette nouvelle fournée des mésaventures de cinq jeunes de la cambrousse qui entoure Eindhoven pâtit de ce que j’appellerais l’ effet soufflé. Ce que j’entends par là, c’est qu’en bande-annonce potache et parodique de deux minutes, ça passe, en sketches découpés à la télé, à la limite pourquoi pas, mais ces Kids là, contrairement à celui de Chaplin n’ont rien à faire sur grand écran. Et pour combler leur embarras d’être là, nous gratifient donc de scènes de remplissage gratuites, de cabotinage comme j’en ai rarement vu jusqu’ici (à part chez un certain… Michaël Youn) et de gags visuels cruels qui se veulent au Xème degré, mais qui manquent l’étincelle créative qui leur permettrait de fonctionner : du coup, le film se dégonfle de lui-même à vouloir trop en faire.
Ce qui compte avant tout dans une comédie, c’est la touche d’humanité ou de sincérité que l’on peut lire en creux, même dans les films aux gags les plus idiots ou lourdingues (cf. ma chronique d’Iron Sky). Être drôle, surtout au cinéma, requiert un énorme travail de réflexion en plus de l’habituelle auto-dérision : pousser le grotesque et le ridicule toujours plus loin ne fait avancer aucun schmilblick, et crie bien au contraire à la face du monde le besoin désolant d’attention de la part de gens que le cinéma n’intéresse au fond que fort peu, pourvu que l’on puisse « surfer » sur la vague ironico-internet du moment (ce que bien entendu votre serviteur se garde de faire…hem).
 En bref, c’est long pour ce que c’est, on s’ennuie souvent et le fond inexistant est on ne peu plus déprimant. Pourtant c’est extrêmement populaire, à en juger par les rires nombreux et les applaudissements nourris qu’a reçu le film lors de la séance, ce qui souligne une tendance à un humour premier degré et artificiel très inquiétante, entamée par le show Jackass ou encore la série des «(insérer un genre de film ici) Movie ». Parodie sans affection n’est que pure méchanceté.

Bonsoir.

                                                                                                       Rick Randall

Note (authentique): L'Iran a banni en 2010 sous peine de poursuites pénales, la coiffure "mullet" (nuque longue) chez les hommes comme chez les femmes. La lutte est donc en marche.

 VERDICT: A voir pour la bande-son purement 90's qui vous rappellera les soirées camping "Les Flots Bleus", sortie A15 direction Alençon, ou si vous voulez une autre version de "l'agraire et les mulettes", d'Abdellatif Kechiche.

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