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12 septembre 2012

Ciné: Killer Joe, dans le graillon et le sang


A bien y regarder, le Texas est une terre de cinglés. D’Ed Gein à Norman Bates, de Leatherface à Lou Ford en passant par Anton Chigurh, les psychopathes texans sont légion à la fois dans le monde du cinéma et dans la vie de tous les jours. Eh bien, dans la famille chtarbés du Sud, je demande le flamboyant cousin : Joe Cooper, alias Killer Joe (Matthew McConaughey).
OK, OK, l'affiche américaine a la classe.
Policier dans la banlieue de Dallas le jour, tueur à gages la nuit, le personnage de Joe s’immisce dans une sale histoire d’assurance vie quand il est contracté par les Smith père et fils, probablement les êtres les plus stupides jamais portrayés sur celluloïd hors-parodie, pour tuer leur épouse et mère afin d’empocher la coquette somme de… 6250 dollars chacun. Le souci, c’est que les contrats de Joe ont un prix bien plus élevé lorsque rien ne se passe comme prévu. Et les Smith, spécialistes ès plans foireux, vont devoir affronter la vraie nature sociopathe de celui qui devait juste leur « rendre un service ».
Retour derrière la caméra de William Friedkin (L’Exorciste et autres thrillers), Killer Joe s’inscrit dans un schéma déjà bien rôdé par ses grands frères No Country For Old Men et  The Killer Inside Me : un plan simple qui tourne qu vinaigre, dans un décor de mobile-homes et motels miteux, bars de strip-tease et ruelles du fin fond de Fort Worth, avec train de marchandises qui passe derrière en option. Filmé au néon et à la bière, rien de ce qui pourrait se passer de violent ou de choquant ne nous est épargné ici, et les personnages tous plus moralement discutables que les autres (mis à part l’innocente vierge prête à être sacrifiée, ici dépeinte en simplette exploitée par sa famille) s’affrontent à coups de fausses politesses, de regards glacés et de barre à mine.
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Difficile néanmoins d'afficher plus qu'un léger amusement malgré l’avalanche d’horreurs et de crasse que le film nous montre. Pourquoi ? Eh bien parce que Killer Joe, tout aussi cabotin et amusant que soit son sociopathe éponyme, sent le réchauffé. 
          Certes Friedkin est toujours un cinéaste talentueux et arrive à insuffler une certaine atmosphère à son film, mais Michael Winterbottom ou encore les frères Coen ont déjà tourné des histoires trop similaires dans des lieux trop similaires, et ce il y a quelques années. Du coup, un peu comme la cavalerie dans Lucky Luke, le réalisateur arrive quand la fête est déjà finie  et que les Indiens sont rentrés préparer le pemmican pour Thanksgiving. 
         Mais ne vous détrompez pas : McConaughey reste l’attraction principale et nous prouve qu’il en a encore sous la pédale après des années de traversée du désert. Ce qui fait de Killer Joe un personnage haut en couleurs dans un film un peu creux et basculant trop facilement dans les lueurs foraines du film bis d’exploitation (tort déjà reproché à Winterbottom avec The Killer Inside Me et sa fameuse scène où Jessica Alba se prend une raclée jubilatoire). Divertissant, mais loin d’être mémorable.


Bonsoir.


                                                                                                          Rick Randall



VERDICT : A voir si vous n’avez rien contre un énième quiproquo violent, ou si vous aimez faire pétarader vos Harley même quand vous êtes seul dans votre garage.

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