Rick Randall et Rock Willis vous parlent culture
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21 septembre 2012

FEFFS: Resolution, embrouilla-très-mini



Aaron Moorhead et Justin Benson, le duo bricolo qui s’est occupé de A à Z de Resolution, sont des gens éminemment sympathiques. Fauchés mais malins, compétents mais pas  sérieux pour un clou, ils affichent un dynamisme bon teint et un vrai enthousiasme envers ce qu’ils considèrent plus que légitimement comme leur bébé.
Une fois encore, l'affiche ricaine est vachement mieux.
Pour la démarche difficile de réaliser de bout en bout un long-métrage qui tient la route avec un budget de  trois bouts de ficelle et d’une cabane familiale moisie, j’aurais bien envie de les noyer sous une avalanche de compliments. Cependant pauvreté des moyens n’excuse pas tout : sous des dehors créatifs et engageants, Resolution accuse le coup quand il s’agit de se pencher sur le contenu.
Michael, graphiste sympathique et futur papa, reçoit une mystérieuse vidéo de la part de son vieil ami Chris, un junkie marginal qui passe son temps dans les bois à l’est de San Diego à chasser le dragon et se consumer à petit feu. Il décide alors de venir au secours de son ami, enfermé dans une spirale qui l’entraîne petit à petit hors du monde. Réfugiés dans une petite masure en contreplaqué dans les bois, les deux compères vont à la fois devoir à la fois résoudre leurs ressentiments mutuels, leur haine de soi profonde en chacun mais s’exprimant différemment mais aussi et surtout faire face aux occupants de ces bois et à une menace pesante se manifestant au travers d’étranges documents que Mike va devoir collecter.
Le secret de Pipacrack Mountain.
Posé à la croisée des chemins entre surnaturel, drame intimiste et comédie absurde et ironique, ce petit film indé a tout pour plaire et prend le pari de ne pas choisir un genre prédéfini. Pourtant quand il s’agit de l’exécution, on sent que le parti-pris devient tiraillement, et l’on assiste vite à plusieurs couacs qui accumulés posant un grand tort au film. Entre scènes brouillonnes, dialogues d’exposition complètement clichouilles, caméra à l’épaule à vous coller la tête dans une bassine et dialogues à rallonge, le film se fait moins engageant sur le résultat que sur le papier, et prend parfois des chemins scénaristiques incongrus, sous la forme de longueurs franchement indigestes ou au contraire d’ellipses nanardes (l’escalade dans la violence de l’un des personnages complètement occultée, lui fait passer de calme avertissement à carnage meurtrier en l’espace de deux scènes), j’ai eu un peu de mal à en voir le bout, qui d’ailleurs est comme dans toutes les productions indé en queue-de-poisson.
Apposer un verdict arbitraire me serait donc inconcevable, tant Resolution, à l’instar de son pitch, part dans touts les sens, pour le meilleur (le duo principal, la photographie, les subtils effets spéciaux) comme le pire (l’écriture parfois au plomb, parfois à la plume de colibri, des personnages secondaires qui paraissent passer dans le champ plus qu’autre chose).
Une sorte de mille-feuilles indé à la sauce pas-un-rond donc, qui peut se draper dans sa vertu de premier film pour nous faire avaler ses couleuvres, sous prétexte que les auteurs « se cherchent encore », d’autant plus que ceux-ci ont un réel potentiel à exploiter. Finalement, on a presque plus envie de voir leur prochain exercice, au propre cette fois.

Bonsoir.
                                                                              Rick Randall


 VERDICT: A voir pour passer un bon moment, puis faire une sieste, puis passer un bon moment, puis faire une sieste, puis passer un...

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