Aaron Moorhead et Justin Benson,
le duo bricolo qui s’est occupé de A à Z de Resolution,
sont des gens éminemment sympathiques. Fauchés mais malins, compétents mais
pas sérieux pour un clou, ils affichent
un dynamisme bon teint et un vrai enthousiasme envers ce qu’ils considèrent
plus que légitimement comme leur bébé.
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| Une fois encore, l'affiche ricaine est vachement mieux. |
Pour la démarche difficile de
réaliser de bout en bout un long-métrage qui tient la route avec un budget
de trois bouts de ficelle et d’une
cabane familiale moisie, j’aurais bien envie de les noyer sous une avalanche de
compliments. Cependant pauvreté des moyens n’excuse pas tout : sous des
dehors créatifs et engageants, Resolution
accuse le coup quand il s’agit de se pencher sur le contenu.
Michael, graphiste sympathique et
futur papa, reçoit une mystérieuse vidéo de la part de son vieil ami Chris, un
junkie marginal qui passe son temps dans les bois à l’est de San Diego à
chasser le dragon et se consumer à petit feu. Il décide alors de venir au
secours de son ami, enfermé dans une spirale qui l’entraîne petit à petit hors
du monde. Réfugiés dans une petite masure en contreplaqué dans les bois, les
deux compères vont à la fois devoir à la fois résoudre leurs ressentiments
mutuels, leur haine de soi profonde en chacun mais s’exprimant différemment
mais aussi et surtout faire face aux occupants de ces bois et à une menace
pesante se manifestant au travers d’étranges documents que Mike va devoir
collecter.
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| Le secret de Pipacrack Mountain. |
Posé à la croisée des chemins
entre surnaturel, drame intimiste et comédie absurde et ironique, ce petit
film indé a tout pour plaire et prend le pari de ne pas choisir un genre prédéfini. Pourtant quand il s’agit de l’exécution, on sent que le parti-pris
devient tiraillement, et l’on assiste vite à plusieurs couacs qui accumulés
posant un grand tort au film. Entre scènes brouillonnes, dialogues d’exposition
complètement clichouilles, caméra à l’épaule à vous coller la tête dans une
bassine et dialogues à rallonge, le film se fait moins engageant sur le
résultat que sur le papier, et prend parfois des chemins scénaristiques
incongrus, sous la forme de longueurs franchement indigestes ou au contraire
d’ellipses nanardes (l’escalade dans la violence de l’un des personnages
complètement occultée, lui fait passer de calme avertissement à carnage meurtrier
en l’espace de deux scènes), j’ai eu un peu de mal à en voir le bout, qui
d’ailleurs est comme dans toutes les productions indé en queue-de-poisson.
Apposer un verdict arbitraire me
serait donc inconcevable, tant Resolution,
à l’instar de son pitch, part dans
touts les sens, pour le meilleur (le duo principal, la photographie, les
subtils effets spéciaux) comme le pire (l’écriture parfois au plomb, parfois à
la plume de colibri, des personnages secondaires qui paraissent passer dans le
champ plus qu’autre chose).
Une sorte de mille-feuilles indé
à la sauce pas-un-rond donc, qui peut se draper dans sa vertu de premier film
pour nous faire avaler ses couleuvres, sous prétexte que les auteurs « se
cherchent encore », d’autant plus que ceux-ci ont un réel potentiel à
exploiter. Finalement, on a presque plus envie de voir leur prochain exercice,
au propre cette fois.
Bonsoir.
Rick Randall
VERDICT: A voir pour passer un bon moment, puis faire une sieste, puis passer un bon moment, puis faire une sieste, puis passer un...



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