Ha. Haha.
Hahahahaha. Mouahahahahaaaaa ! MOUAHAHAHAHAAA ! … Pardon. C’est juste
que le visionnage même de ce film est aussi difficile que d’en écrire une
critique sans tomber dans la tirade dithyrambique ou le chapelet d’insultes le
plus primaire. Ce long métrage… est bipolaire. Ou schizophrène. Ou Dieu sait
quoi d’abominable et de libérateur à la fois. On suit donc les pérégrinations
dichotomiques de Pauline, ado de 18 ans au sein de sa vie quotidienne, partagée
entre le lycée et sa famille. Jeune femme au physique ingrat et au comportement
bizarre, elle ne se sent à sa place vraiment nulle part, et renfermée sur
elle-même, tisse un canevas psycho-sexuel très.. personnel.
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| C'est la représentation la plus soft de l'obsession de Pauline pour la viande plus que bleue |
Les
séquences de fantasme, qui ponctuent régulièrement l’intrigue, sont hautement
stylisée et d’une crudité jubilatoire. Analynne McCord, qui joue le rôle
principal, réussit l’exploit d’être parfaitement répugnante tout en étant
profondémént sensuelle : Pauline, dans sa gaucherie touchante et ses
extrapolations malsaines, est un personnage troublant qui jette un pavé dans la
mare de la frontière entre folie pure et malheurs adolescents. Cette sociopathe
fait vrai, dans un film qui se veut volontairement over the top : encore une fois, la dialectique offerte ici est
dérangeante. Mais là où on bascule dans l’inconfort total, c’est quand
l’intrigue souffle un peu et se paie le luxe de nous faire rire (le père de
famille, joué par Roger Bart, a des réactions impayables à ce qui se passe
autour de lui), avant de nous exposer à une violence crue et fortement
sexuée : exposé à une tonne de stimuli contraires, le public dont je
faisais partie se tordait sur son siège.
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| Si ça ressemble à un clip de Lady Gaga, on est bien sur le terrain du mauvais goût. |
On peut
toutefois essayer de rationaliser ce visionnage en y imposant plusieurs couches
analytiques toutes valables : à la fois fantaisie baroque et viscérale,
satire sombre du carcan familial et de
l’adolescence, et descente vers la folie d’un personnage dont on ne sait
si il est né ainsi où si on l’a poussé à agir de la sorte, Excision (oui , le titre aussi veut choquer exprès) pousse le
vice au-delà de plusieurs limites et parvient à casser certains de nos
préjugés. En dépit de sa fin absolument prévisible et d’une violence extrême,
je me dois de dire que j’en ai apprécié un peu malgré moi le visionnage. Mic-mac
foutraque ponctué de caméos tordants et de leçons de morales tordues, c’est le
genre de film que l’on adore détester, ou que l’on déteste adorer.
Personnellement, le talent seul
de la plupart des acteurs a déjà suffi à lui seul (sérieusement, la jeune
McCord est une boule de charisme hyperconcentré) à me faire basculer du côté
corrompu et profondément perturbé du cinéma d’horreur dans lequel se situe ce
qui selon moi est une petite pépite indé, bien loin d’être parfaite et ô
combien bourrée de clichés, mais saignante et savoureuse à souhait.
Vous reprendrez bien un peu de Rumsteck ?
Bonsoir.
Rick
Randall
VERDICT: A voir en compagnie féminine pour de nombreux grognements désapprobateurs, ou en famille si vous êtes un détraqué.



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