Rick Randall et Rock Willis vous parlent culture
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19 septembre 2012

FEFFS: Excision, tripes à la mode de Caïn




            Ha. Haha. Hahahahaha. Mouahahahahaaaaa ! MOUAHAHAHAHAAA ! … Pardon. C’est juste que le visionnage même de ce film est aussi difficile que d’en écrire une critique sans tomber dans la tirade dithyrambique ou le chapelet d’insultes le plus primaire. Ce long métrage… est bipolaire. Ou schizophrène. Ou Dieu sait quoi d’abominable et de libérateur à la fois. On suit donc les pérégrinations dichotomiques de Pauline, ado de 18 ans au sein de sa vie quotidienne, partagée entre le lycée et sa famille. Jeune femme au physique ingrat et au comportement bizarre, elle ne se sent à sa place vraiment nulle part, et renfermée sur elle-même, tisse un canevas psycho-sexuel très.. personnel.
C'est la représentation la plus soft de l'obsession de Pauline pour la viande plus que bleue
            Les séquences de fantasme, qui ponctuent régulièrement l’intrigue, sont hautement stylisée et d’une crudité jubilatoire. Analynne McCord, qui joue le rôle principal, réussit l’exploit d’être parfaitement répugnante tout en étant profondémént sensuelle : Pauline, dans sa gaucherie touchante et ses extrapolations malsaines, est un personnage troublant qui jette un pavé dans la mare de la frontière entre folie pure et malheurs adolescents. Cette sociopathe fait vrai, dans un film qui se veut volontairement over the top : encore une fois, la dialectique offerte ici est dérangeante. Mais là où on bascule dans l’inconfort total, c’est quand l’intrigue souffle un peu et se paie le luxe de nous faire rire (le père de famille, joué par Roger Bart, a des réactions impayables à ce qui se passe autour de lui), avant de nous exposer à une violence crue et fortement sexuée : exposé à une tonne de stimuli contraires, le public dont je faisais partie se tordait sur son siège.
Si ça ressemble à un clip de Lady Gaga, on est bien sur le terrain du mauvais goût.
            On peut toutefois essayer de rationaliser ce visionnage en y imposant plusieurs couches analytiques toutes valables : à la fois fantaisie baroque et viscérale, satire sombre du carcan familial et de  l’adolescence, et descente vers la folie d’un personnage dont on ne sait si il est né ainsi où si on l’a poussé à agir de la sorte, Excision (oui , le titre aussi veut choquer exprès) pousse le vice au-delà de plusieurs limites et parvient à casser certains de nos préjugés. En dépit de sa fin absolument prévisible et d’une violence extrême, je me dois de dire que j’en ai apprécié un peu malgré moi le visionnage. Mic-mac foutraque ponctué de caméos tordants et de leçons de morales tordues, c’est le genre de film que l’on adore détester, ou que l’on déteste adorer.
Personnellement, le talent seul de la plupart des acteurs a déjà suffi à lui seul (sérieusement, la jeune McCord est une boule de charisme hyperconcentré) à me faire basculer du côté corrompu et profondément perturbé du cinéma d’horreur dans lequel se situe ce qui selon moi est une petite pépite indé, bien loin d’être parfaite et ô combien bourrée de clichés, mais saignante et savoureuse à souhait.
 Vous reprendrez bien un peu de Rumsteck ?


Bonsoir.

                                                                                                               Rick Randall


 VERDICT: A voir en compagnie féminine pour de nombreux grognements désapprobateurs, ou en famille si vous êtes un détraqué.

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