Faites passer le mot : les
nazis ont la cote. La formule est choc, mais la salle était bel et bien bourrée
à craquer pour la projection d’Iron Sky
à une heure pourtant bien tardive. C’est donc dans une ambiance joyeuse que se
sont déroulées les 90 minutes pas mal barrées de cette comédie satirique acide
et cinglante, placée sous le signe de l’hyperbole potache.
Petit projet indépendant
finlandais devenu très costaud grâce aux fonds européens et à la magie
d’Internet, Iron Sky prend la forme
d’une main de fer dans un gant de fer : autant l’aspect visuel, travaillé
aux limites d’un budget relativement important (6M d’euros) mais ridicule en
comparaison à un blockbuster hollywoodien moyen que le script mordant et
parfois tordant en font une sort d’hybride improbable d’esprit frondeur
franchement indie et d’affichage
d’influences du cinéma à spectacle ricain.
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| They Came From Düsseldorf ! ! ! |
Rassurez-vous, à l’intérieur
c’est tout aussi graveleux et savoureux, jugez plutôt : en 2018, les
nazis, qui s’étaient réfugiés tout ce temps sur la face cachée de la lune (les
galopins), préparent l’invasion de rien moins que la terre entière, au travers
d’une méthode éprouvée : le Meteorblitzkrieg.
Découvrant par hasard cet infâme
complot, l’astronaute afro-américain James Washington va devoir traverser un
tas d’épreuves pour faire échouer l’instauration du IVe Reich, heureusement
"aidé" dans cette tâche par la Présidente des États-Unis, pastiche de Sarah Palin sous
amphet’ en mal de reconnaissance politique.
A partir de ce prémisse, tout peut
partir en vrille. Et croyez-le ou non, nos amis du froid se sont fait plaisir.
Si l’aspect satirique est parfois très juste et même pointu, il tape aussi
souvent sous la ceinture d’un Oncle San déjà plus bas que terre. On nous sert
aussi au menu un commentaire sur le racisme complètement tordu dans sa morale,
une guerre spatiale épique, un clin d’œil à Dr.Folamour
et son apocryphe scène de bataille de tartes à la crème à l’ONU, des
ralentis de politiques en train de faire un elbow
drop à rendre jaloux Triple H, bref, on a guère le temps de souffler. Des
effets spéciaux modestes mais spectaculaires pour leur budget et un casting à
l’épreuve des balles (hilarant retour de la mascotte warholienne Udo Kier, qui
n’est jamais loin quand on parle de nazis) viennent parachever ce paradigme du
portnawak bas du front mais tellement, tellement réjouissant.
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| Le Nouvel Ordre Mondial sera fashion ou ne sera pas. |
Un indispensable du fun le plus
primaire malgré des gags qui tombent parfois à plat, Iron Sky mérite sa réputation d’audace et d’ambition mélangées, et
à mon avis plusieurs visionnages, pour bien se rendre compte que parfois sous
l’action primaire se cache une lecture sardonique de la grandeur et de la
décadence du libéralisme reaganien. Et puis ça fait toujours plaisir quand on
reconnait que l’ONU est une organisation paresseuse, menteuse et incompétente,
quand bien-même ce serait seulement à moitié vrai.
Bonsoir.
Rick
Randall
VERDICT: A voir après une cuite au schnaps et un bon double-cheese, ou si on n'a rien contre un peu d'humour qui fait des taches. De gras.



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