Quentin Dupieux est un homme
intelligent. En tant que tel, il est de sa responsabilité d’être fatalement
angoissé à propos de tout, et d’en parler depuis son piédestal (pied d’estal est aussi une orthographe
acceptée). Drapé dans sa vertu très actuelle d’amateur éclairé, le voilà qui
s’évertue à mettre en charpie le quotidien de l’américain moyen, job pourri et
voiture en leasing inclus dans la boîte.
Dolph (Jack Plotnick) se réveille
un matin comme tous les jours à 7h60 pour constater que son chien Paul a
disparu. Je ne m’étendrai pas plus avant sur la réalité ou même la tangibilité
de ce chien-concept, enfin bref son quotidien est bouleversé. On se retrouve
donc à cahoter à ses côtés dans un monde dystopique dérangeant. Le message est
clair, Dupieux veut nous rendre la tâche aussi inconfortable que possible. En
fait il nous frotte même le nez contre un défilé de situations à peine décalées
de la réalité, filmés de façon à envahir notre espace personnel : on est
dans un métro bondé de personnages atypiques, forcés d’expérimenter un contact
forcément déplaisant avec nos 5 sens.
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| "Qui je dois poignarder pour sortir de cet asile d'aliénés?" |
Parce que de ce point de vue-là,
le film fait mouche à tous coups. Comme dit, on voit
bien que ce sont des gens malins qui se tiennent derrière la
caméra et du coup l’american dream en
prend salement pour son grade et se dévoile comme un véritable chaos
déshumanisant où l’homme finit par agir contre sa propre nature et adopte des
comportements (ici distordus à l’extrême) profondéments anti-sociaux. Sur ce point là seul, le concept tient la route et mérite notre attention.
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| C'est ce genre de visuel réussi qui paradoxalement masque le fond de l'histoire. |
Bonsoir.
Rick Randall
VERDICT: A voir si l'on possède un don d'extralucidité ou si on en est seulement à la troisième traite du crédit d'un charmant pavillon de banlieue crépi rose / Renault Scénic / écran plathodique 10 couleurs.


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