Rick Randall et Rock Willis vous parlent culture
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30 août 2012

Ciné: Les enfants-loups, Croc-Blanc se met à la colle avec Heidi


‘’ La tendresse
C´est quelquefois ne plus s´aimer mais être heureux
De se trouver à nouveau deux
C´est refaire pour quelques instants un monde en bleu
Avec le cœur au bord des yeux
La tendresse, la tendresse, la tendresse,
La tendresse.,,
Commencer par du Guichard, c’est en général un signe de grande fatigue, mais il était difficile de faire autrement au vu du sujet qui vous fera perdre un temps que vous auriez gâché autrement ce soir (ou ce matin, pour les plus bizarres).
Nos amis les nippons ne sont pas en général réputés pour la délicatesse quand il s’agit de pondre un dessin-animé jeunesse : marketing agressif, réification outrancière de la femme, idolâtrie des costumes de la tournée 78 d’Elton John, bref, ils ont trop mangé d’ergot de seigle, ou sont tombés dans une marmite de LSD quand ils étaient petits. Pourtant, un courant plutôt discret mais qui commence à prendre de l’importance met à mal cette idée préconcue. Certains irréductibles ont en effet décidé de la jouer fine, de faire dans la douceur.
Ici on se trouve en face d’un petit feuilleton qui suit la vie d’Hana qui suite à une union contre nature avec un homme-loup (il restait un fond de marmite, faut croire), voit sa vie irrémédiablement gâchée prendre un cours pour le moins inattendu…
En même temps, si le papa est Nicolas Sirkis, ça aide pas.
Elle se retrouve en effet à la charge d’enfants métamorphes (je crois que c’est courant dans le folklore japonais ces histoires, il faut que je vérifie), Yuki et Ame, qui vont vite s’avérer plus pénibles que le neuvième cercle des enfers difficiles à gérer, d’autant plus que le Pater Canilias meurt. S’ensuit une célébration de la vie simple et rude de la campagne, où les rejetons seront confrontés au choix de rejoindre la meute humaine ou parcourir la montagne en libres lupins.
Il y a toujours un vieux grincheux qui ne sait pas lui-même ce qu'il fout là. TOUJOURS.
Et c’est LA que le bas blesse. Le potentiel de cette histoire somme toute simple et courante, (enfin, au Japon, pas vrai ?) est vraiment plus qu’intéressant, et l’on sent qu’à tout moment le film peut enfin atteindre une pertinence et parvenir à toucher parents comme enfants. 
     L’histoire volontairement minimaliste et reléguée au second plan pour laisser vivre ses personnages est un choix intelligent, et franchement, on assiste parfois à de véritables éclairs de créativité tant visuelle que narrative. Malheureusement Tokyo lorgne parfois un peu trop du côté de Los Angeles et tout ce qui est estampillé « jeunesse » se doit de remplir un cahier des charges trop précis. C’est ainsi qu’un film sur le fait de grandir, l’acquisition du libre arbitre et le déchirement du cocon familial devient un  modeste drame vraiment trop poli pour son propre bien. C’est mignon, coloré, on met la main quand on bâille dans la salle en attendant que l’histoire avance.
            Néanmoins, comme mon préambule le laissait présager, j’ai réussi à trouver une vraie tendresse et une acceptation de l’autre dans ce film, et au final avec assez de recul pour que l’écran ressemble à un point flou et lointain, ce sont de bonnes valeurs à montrer à vos (forcément) insupportables moutards IPadisés. Entre chien et loup, donc.

Bonsoir.

                                                                                                                                
                                                                                                               Rick Randall

VERDICT: A voir si vous êtes dans une couette avec un chocolat chaud et que dehors il y a une tempête de neige, ou si vous aimez quand la zoophilie essaie de se racheter une conduite.

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