En Belgique, quand quelqu’un
affiche des symptômes avancés de névrose et/ou de dépression, l’entourage se
doit de… rabaisser ladite personne au possible et de s’essuyer les parties
intimes avec son estime de soi. Du moins c’est ce que Joachim Lafosse et sa
bande de joyeux drilles s’évertue à nous faire comprendre, et au
marteau-piqueur s’il-vous-plaît.
Et là, je me dois de m’interrompre : pour cette
première revue ciné, je me trouve en effet en délicate posture. Car qui, à par
les plus fervents cinéphiles (comprenez : les gens désespérés) a seulement
entendu parler de ce petit bijou de torture mentale ? La promotion fut
plus que modeste pour un film qui se veut de même, mais qui a néanmoins réussi à
tirer des larmes (arrachées au pied-de-biche, oui ce soir je fais dans le BTP)
au jury de la sélection « un certain regard » de Cannes. Donc à
priori, pas de raison de déterrer ce qui est déjà mort : la salle déserte
dans laquelle je me suis trouvé en est la preuve.
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| Machin et Machine dans leur pose amidonnée: ils s'aiment | trop grave Colgate. |
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| "Tu aimes les fruits de mer?" (sérieusement, vous le prendriez comme médecin traitant?) |
La pauvre Machine se soumet à l’encéphalogramme plat du scénario et sombre petit à petit dans la dépression, tandis que Machin et Méphisto se vautrent lamentablement dans leurs tentatives de faire partie du genre humain. Arrive ce qui doit arriver, la conclusion forcément dramatique (puisqu’on en a eu un aperçu au début du film), noyée sous mes grincements permanents de molaires, sent le formaldéhyde à plein nez.
Dès les premières minutes, j'ai eu cette
sensation d’inconfort grincant, vous savez, quand on assiste à un dîner après
une grosse dispute et que tout le monde feint l’indifférence et se fend de
commentaires anodins ? Eh bien c’est exactement ce qui m’a fait mordre le
siège de devant (désespérément vide) durant les longues, looongues 111 minutes
dans lesquelles la peu fortunée Emilie Dequenne surnage à grand-peine (elle a
eu un prix pour ça à Cannes, parce qu’elle l’a fait sans bouée ni flotteurs).
Ah oui et sinon, côté technique,
c’est correct.
Bonsoir.
Rick Randall
VERDICT: A voir si vous aimez tirer sur les ambulances. Ou êtes un fétichiste des bigorneaux septuagénaires.


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