Rrrrzzzz….rrzzz…hu ? Quoi ? Le film est fini ? Depuis
trois jours ? Ah la vache, il va en falloir des quantités de café pour
finir cette chroniqu…Zzzz…
Si vous n’avez pas
encore saisi ou si comme moi vous étiez endormi, le dernier opus palmé de
Michael Haneke est un visionnage pour le moins exigeant. En effet, ce long,
long, loooong métrage présente la particularité de n’offrir que très peu de
stimuli au spectateur, tant du côté du fond que de la forme ; et je
suspecte un acte totalement assumé puisque notre facétieux ami autrichien
pousse le vice jusqu’à dérouler le générique final dans le silence. Sûrement
pour ne réveiller personne brusquement, ce qui je dois bien l’admettre est d’une
grande délicatesse.
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| Comment on obtient France Inter sur ce machin? |
L’intention est louable
et même intelligente : la vieillesse, c’est souvent la solitude, des
après-midi routiniers et les charentaises devant Lepers le soir, et ça, il faut
bien admettre que c’est transmis. Le problème, c’est qu’à trop pousser sa
logique de retenue extrême, il ne reste plus grand-chose à voir dans ce film.
Pire, Anne cesse de parler dans le dernier tiers, ce qui laisse Georges seul
pour peupler l’espace émotionnel ; Jean-Louis Trintignant heureusement en
a encore beaucoup sous la pédale et livre une performance qui réussit l’exploit
d’être à la fois en accord avec le ton du film (ou plutôt le manque de ton) et
par moments authentiquement touchante et lourde de sens.
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| Le lifting, c'est pas automating. |
Reste finalement les acteurs
qui pour la plupart remplissent leur rôle avec efficacité, avec une mention
spéciale encore une fois pour Trintignant qui semble s’investir plus que le reste. Couplés
à une cinématographie propre sans être brillante, ils rendent le film un peu
plus vivable et même par petites touches assez malin. Éprouvant, donc, pour les
plus snobs d’entre nous, c’est certain, mais somme toute une copie correcte
pour ce millésime cannois 2012, sans jamais atteindre ni même frôler un
quelconque génie artistique toutefois. Je n’ai rien contre les films où il ne
se passe pas grand-chose, mais en général ceux-ci remplissent leurs silences de
dialogues fascinants ou développent une atmosphère complexe : ici ce n’est pas le cas, et c’est plus que dommageable.
Bonsoirrrrr...zzzzz...
Rick Randall
VERDICT: A voir pour atteindre le snobvana, ou si votre vie est trépidante et que vous voulez changer ça.







