J’aimerais être clair :
pour moi Michel Gondry n’est pas un artiste. Il est tout au plus un ado attardé
assez créatif qui a eu beaucoup de coups de chance et de rencontres
intéressantes. Pourtant la plupart des gens lui pardonnent beaucoup de ses
défauts (son plus gros étant la paternité de l’exécrable Green Hornet), et pire, de ses gimmicks.
Car le cinéma de Gondry est avant tout un cinéma de gimmicks arty répétés ad
nauseam. Toujours le même papier mâché, les mêmes plans bricolés,
protagonistes doux et rêveurs, etc.
Et pourtant, moi parmi
tant d’autres, je me plonge dans ce monde ultra-codé avec plaisir et volupté
(exception faite bien sûr du « film » susmentionné). Il faut dire
aussi que pour être tout à fait juste envers le personnage, lui et ses films, au-delà
des reproches que j’ai pu leur faire,
débordent d’une volonté de bien faire, de sentiments positifs trop rares au
cinéma et surtout d’une bande-son choisie avec goût qui fait danser les pieds
dans la salle, même à contrecoeur. Comme un enfant qui vous montre son dessin
avec dans les yeux une tendresse pour vous et une naïveté touchante, Gondry
propose au public des films qu’il aime faire, malgré son manque d’originalité
parfois gonflant. On prend donc son œuvre pour l’accrocher sur le frigo avec un
sourire rêveur en se disant que bon, c’est pas Van Gogh ni Kurosawa, mais c’est
fait avec amour.
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| Même ces 4 idiots ont leur côté attachant. |
Encore un plaisir donc
que ce The we and the I que j’ai pu
attraper en dernière instance, et qui se déguste comme une friandise
douce-amère sur les rapports adolescents, ce qu’ils ont de parfois
grandiloquent et complexe. On suit donc une bande de lycéens du Bronx qui
rentrent chez eux après leur dernier jour de classe avant les grandes vacances.
Tandis que chacun rêve de ses projets, on plonge dans un monde foisonnant de
relations humaines où les amitiés se font et se défont sur un coup de tête, les
fêtes d’anniversaire se planifient avec le plus grand sérieux et un texto peut
tout chambouler. Et en un voyage de bus réparti en trois actes, au gré des
arrêts et des personnages qui nous disent au revoir, on se sent étrangement
proche de ces petits gars.
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| Certains personnages jouent le rôle de césure dramatique. |
Histoire idéale donc
pour ce type de cinéma que j’aurais autrement vite snobé, The we and the I est loin d’être un plaisir aussi coupable que les
autres films du même gugusse : c’est le film d’un réal qui a trouvé
chaussure à son pied et qui ne se prive pas de nous le faire savoir. Et le
plaisir qu’il prend et l’énergie qu’il y met est au final furieusement
communicative, au point qu'on lui pardonne certaines maladresses grossières pour se laisser simplement porter. A voir et même à posséder, pour le revoir en cas de cafard.
Bonsoir.
Rick
Randall
VERDICT: A voir si on croit ce que dit TF1 sur la jeunesse, ou si au contraire on ne se sent pas vraiment encore adulte.


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