Suite d’un produit dérivé d’une
série à sketches néerlandaise rachetée en 2004 par Comedy Central (rangez-moi
ces aspirines, c’est parfaitement clair comme résumé), New Kids Nitro est déjà bien loin de faire rêver sur le papier.
Pourtant, l’exploration des travers de la jeunesse rurale et complètement
ringarde des Pays-Bas recèle un certain potentiel, qui nécessite comme tout
concept comique un talent dingue et un doigté exceptionnel pour produire
quelque chose d’ à la fois drôle et intemporel. Malheureusement, vous l’aurez
compris, ce film ne remplit ni l’une, ni l’autre de ces catégories.
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| La drague à la flamande: un grand classique des winners. |
Mais débarrassons-nous vite de l’
« histoire » pour que j’en arrive à ma diatribe biliaire habituelle.
Après leurs déboire avec la justice, les New
Kids, estampillés beauf Label Rouge, se retrouvent empêtrés dans une
rivalité montante entre leur village, Maaskantje (ô comme ce nom fut crié dans
la salle bondée par les fans du premier opus) et le trou à rats voisin
répondant au doux nom de Schijndel (je n’essaierais pas de le prononcer si
j’étais vous, seul un flamand peut le faire
sans risque d’hospitalisation). Sur ces entrefaites, une météorite se
met à transformer les bouseux du coin en zombies cannibales : le
gouvernement, désemparé, n’a de choix que de tirer nos compères de leurs
petites rixes pour les envoyer en libérateurs surarmés de la fière Hollande.
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| Un des 198 group shots du film, le seul probablement significatif. |
Forçant au burin un maximum de
blagues à la fois puériles et de mauvais goût pour atteindre la durée famélique
de 66 minutes, cette nouvelle fournée des mésaventures de cinq jeunes de la cambrousse qui entoure Eindhoven pâtit de ce que j’appellerais l’ effet soufflé.
Ce que j’entends par là, c’est qu’en bande-annonce potache et parodique de deux
minutes, ça passe, en sketches découpés à la télé, à la limite pourquoi pas,
mais ces Kids là, contrairement à
celui de Chaplin n’ont rien à faire sur grand écran. Et pour combler leur
embarras d’être là, nous gratifient donc de scènes de remplissage gratuites, de
cabotinage comme j’en ai rarement vu jusqu’ici (à part chez un certain… Michaël
Youn) et de gags visuels cruels qui se veulent au Xème degré, mais qui manquent
l’étincelle créative qui leur permettrait de fonctionner : du coup, le
film se dégonfle de lui-même à vouloir trop en faire.
Ce qui compte avant tout dans une
comédie, c’est la touche d’humanité ou de sincérité que l’on peut lire en
creux, même dans les films aux gags les plus idiots ou lourdingues (cf. ma
chronique d’Iron Sky). Être drôle,
surtout au cinéma, requiert un énorme travail de réflexion en plus de l’habituelle
auto-dérision : pousser le grotesque et le ridicule toujours plus loin ne
fait avancer aucun schmilblick, et crie bien au contraire à la face du monde le
besoin désolant d’attention de la part de gens que le cinéma n’intéresse au
fond que fort peu, pourvu que l’on puisse « surfer » sur la vague
ironico-internet du moment (ce que bien entendu votre serviteur se garde de
faire…hem).
En bref, c’est long pour ce que c’est, on
s’ennuie souvent et le fond inexistant est on ne peu plus déprimant. Pourtant c’est
extrêmement populaire, à en juger par les rires nombreux et les applaudissements
nourris qu’a reçu le film lors de la séance, ce qui souligne une tendance à un
humour premier degré et artificiel très inquiétante, entamée par le show Jackass ou encore la série des «(insérer
un genre de film ici) Movie ».
Parodie sans affection n’est que pure méchanceté.
Bonsoir.
Rick Randall
Note (authentique): L'Iran a banni en 2010 sous peine de poursuites pénales, la coiffure "mullet" (nuque longue) chez les hommes comme chez les femmes. La lutte est donc en marche.
VERDICT: A voir pour la bande-son purement 90's qui vous rappellera les soirées camping "Les Flots Bleus", sortie A15 direction Alençon, ou si vous voulez une autre version de "l'agraire et les mulettes", d'Abdellatif Kechiche.


























