Ah. Les suburbs anglais. Mouimouimouimouimoui…. Toujours aussi peu
reluisants, à ce que je vois. Les enfants jouent dans les casses auto,
s’ébattent à peine pubères, abrutis par les messages sur-sexualisés que leur
envoient les cols blancs de la City.
Les mères sont en peignoir, les pères forts en gueule règlent leurs comptes
dans la bile et le sang. Dickens serait ravi d’avoir encore un filon à
exploiter de nos jours, lui qui était si plein d’espoir en l’avenir de la working class des sujets de sa Très Gracieuse
Majesté.
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| Le complexe d'Electre lui va comme un gant. |
C’est dans
cet univers que s’épanouit tant bien que mal, arbuste cherchant le soleil sous
la canopée de la jungle péri-urbaine, la petite Emily, alias Skunk (Eloise
Laurence). Skunk a 11 ans à la fin de son dernier été d’innocence. Elle redoute
l’entrée dans le monde des grands, le collège, les garçons, la violence de la
vie qui défèrle et jamais ne dévie. Heureusement, son père, c’est Tim Roth,
enfin je veux dire Archie (oui, Tim Roth est à ce point là reconnaissable et
charismatique), et elle connaît son futur prof, Mike (Cillian Murphy), avec qui
elle aimerait bien partager ne serait-ce qu’un baiser, pour voir ce que ça fait
quand on embrasse son héros.
On assiste
donc dans un court laps de temps à la vie légèrement romancée et plutôt bien
filmée de ce petit monde fait de bric et de broc, mais dans lequel le système D
ne peut pas rafistoler les cœurs, les gens, les familles brisées. Car oui, il y
a de la casse. Un peu, puis beaucoup, pour finir par une véritable tragédie.
Skunk perd ses repères, elle essaye de comprendre que tout ne peut pas être
noir ou blanc, mais son entourage ne cesse de la fourvoyer. Et puis involontairement, délicatement, finit
par lui causer du tort. Mais puisque Tim Roth est son papa, elle va s’en
sortir, pas vrai ? Eh bien on ne sait pas vraiment. Le film veut nous
montrer une sorte de happy end, mais extrêmement affadi, et pouvant
(intentionnellement ?) prêter à confusion.
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| Encore une pauvre victime de l'ego de Tim Roth. C'est que ça mord quand ça grandit, ces bêtes-là. |
Mais
pourquoi, ô pourquoi alors ce film m’a-t’il fait si peu impression, malgré une
plongée au cœur du spleen anglais qui
avait tout pour plaire ? Les acteurs, impressionnants de justesse se
donnent tous à fond et nous montrent un exhaustif panel humain, inquiétant,
effrayant, attachant, violent. L’histoire, sur le papier, sans casser trois
pattes à une pendule, pouvait aussi rendre quelque chose de viscéral et
remuant, mais le rythme bizarre et la manière de filmer un peu trop policée
(bien que la photographie et les angles soient beaux) rendent le tout bien trop
digeste et formaté pour un estomac en quête de vrai ciné indépendant.
Encore une
fois, je tire mon chapeau aux acteurs qui restent seuls à prendre en charge un
film plus déprimant que bouleversant, et que je redoute d’oublier aussi vite
que vous cet article, un brin fade et je m’en excuse, mais il y a des séances au
terme desquelles on n’a pas vraiment envie de plaisanter.
Bonsoir.
Rick
Randall
VERDICT: A voir pour les acteurs. Sérieusement. Ou si vous aimez les respirations bizarres et inconfortablement proches de vous. Mais qui aime ce genre de choses?


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