Rick Randall et Rock Willis vous parlent culture
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17 septembre 2012

FEFFS: The Pact, le fantôme de l'apéro


The Pact, premier long-métrage de Nicholas McCarthy, a connu une genèse particulière. Écrit et tourné au départ sous la forme d’un court-métrage, il a connu un succès lors des festivals underground où il fut projeté. Succès qui, la promo aidant, monta à la tête d’une équipe de producteurs qui s’empressèrent de présenter un joli miroir aux alouettes au jeune réalisateur, pour mieux le jeter dans la fosse aux lions. Et voici donc notre petit prodige aux commandes express d’une version rallongée (enfin, 89 minutes, c’est pas non plus Byzance) d’un produit fini qui, d’ailleurs, fait office d’incipit au film. Oui, vous ne rêvez pas, le court qui a fait fureur est ce qui constitue littéralement les 10 premières minutes.
Mais entrons en matière.
On nous refait même le coup du spiritisme. BOUH!
Nicole, jeune mère célibataire (1), est en deuil (2). Elle vient de perdre sa mère qui, on l’apprend au fil de la conversation avec sa sœur, était une harpie sans cœur (3). Suivant donc la logique la plus totale, elle décide de passer la nuit précédant la nuit précédant l’enterrement dans la maison de son enfance (4). On bascule alors dans le modus operandi du film : un objet tombe, le protagoniste va voir, une fenêtre claque, le protagoniste va voir (5), et ainsi ad libitum. Toutefois le court, qui tourne autour du personnage de Nicole et de ressentis plus allusifs qu’exhaustifs, trouve une conclusion satisfaisante et somme toute définitive. En effet, on ne verra plus jamais ce personnage durant les 80 minutes restantes, se centrant autour de sa sœur. Ce qui fait donc le lien entre le préambule et son long addendum, c’est… une conversation téléphonique. Rien de plus. Passons les nombreuses allusions hilarantes que je pourrais faire au cinéma hong-kongais des années 80 et ses 2-en-1 miteux reliés par un fil, et suivons donc notre nouvelle godiche.
Toute allusion à Birdemic est purement fortuite et illusoire. Mais quand même, j'ai bien ri.
Annie, pauvre, jeune et rebelle (6) est donc la fameuse sœur téléphone, qui arrive à son tour à la maison de l’angoisse la veille de l’enterrement. Et ce qui suit n’est qu’un maelström confus de références et autres clichés du film de revenant, mort du flic sceptique à l’appui et disparition de blonde sans intérêt en soutien d’un rythme plus que molasse. On ne peut pas dire que ce projet que l’on aurait facilement pu déclarer mort in utero crève l’écran. Sous le vernis de médiocrité narrative, on décèle pourtant un talent, et une envie de bien faire : McCarthy photographie et monte sa bouse avec soin, et le résultat est propre, lisible et léché. Cependant le brouet référentiel est si difficile à avaler que même avec une couche de chantilly, ça passe pas.
Trop gras, ennuyeux, affublé d’un début intrigant, un milieu fatigant et une fin plus que ridicule, The Pact n’est pas que médiocre. Il gâche un certain potentiel, ce qui ne le rend que plus diffamatoire, mais en même temps pose en creux une dénonciation du money grubbing des producteurs hollywoodiens qui pensent qu’une poule aux œufs d’or s’élève en batterie.



Bonsoir.

                                                                                 
                                                                                                                              Rick Randall

PS: les nombres sont là pour marquer les verres que vous prendrez si vous jouez au jeu à boire des lieux communs du film d'horreur. Mais j'ai arrêté de compter.

 VERDICT: A voir si on est photographe compulsif (les clichés, ha, ha) et/ou si on a une passion morbide pour le dark side of the prod made in Hollywood.

1 commentaire:

  1. Rick Randall, Editor In Chief18 septembre 2012 à 09:22

    J'ai vérifié, intrigant et fatigant ne prennent de "u" que si ce sont des participes présent. Et toc.

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